Aného fut capitale du Togo à deux reprises durant l’ère coloniale (1886-1897 et 1914-1919), ce qui a laissé une empreinte architecturale très diversifiée. Les influences portugaises, brésiliennes, anglaises, allemandes et françaises se lisent encore dans ses bâtiments, faisant de la ville un véritable musée à ciel ouvert. Aného est également le berceau du peuple Guin, dont les traditions ancestrales restent profondément ancrées dans le quotidien
L’histoire d’Aného est indissociable de la période coloniale, même si la ville existait bien avant comme un comptoir lagunaire prospère. Entre 1886 et 1897, puis de nouveau entre 1914 et 1919, elle occupa le rang de capitale du Togo sous administration allemande puis franco-britannique. Ces quelques décennies furent décisives pour sa physionomie urbaine : les colons y édifièrent des bâtiments administratifs, des églises, des écoles et des demeures résidentielles. Ce qui frappe aujourd’hui le promeneur, c’est la diversité des styles architecturaux. On reconnaît l’influence portugaise dans certaines cours intérieures et azulejos, la touche brésilienne dans les façades colorées et les volumes simples, l’empreinte allemande dans la rigueur des lignes de certains édifices publics, et la présence anglaise ou française dans les détails domestiques. Chaque rue devient alors une leçon d’histoire à ciel ouvert, où l’on passe d’une bâtisse coloniale à une case traditionnelle sans jamais perdre le fil du récit. Mais Aného ne se résume pas à son passé européen : elle est avant tout le berceau du peuple Guin, une communauté dont les ancêtres ont fondé la ville. Les Guin ont préservé leurs rites, leurs langues et leurs structures sociales malgré les bouleversements coloniaux. Ainsi, devant les vieilles pierres témoignant de l’histoire officielle, la vie quotidienne continue de battre au rythme des cérémonies, des offrandes aux ancêtres et des palabres sous les arbres. Ce mélange entre héritage colonial et mémoire africaine fait d’Aného un lieu d’une richesse historique rare.